Manifestation anti-WEF: le pire n’a pas eu lieu

Comme je l’avais écrit dans mon précédent billet, personne ne savait trop à quoi s’attendre en cette journée du 31 janvier et on peut dire que le suspense aura duré jusqu’à la dernière minute. Après une nouvelle semaine de discussions entre organisateurs et Conseil d’Etat, chaque partie est resté campée sur sa position: l’appel à manifester est maintenu… et l’interdiction du cortège dans les rues de la ville aussi.

Dès le samedi matin, alors que je traverse la gare pour me rendre chez mes parents, je constate que celle-ci est envahie par des policiers anti-émeute (du moins sont ils harnachés de l’équipement ad-hoc) qui n’hésitent pas à procéder à des contrôles d’identité et, dans la rue, les camionnettes blanches s’alignent devant la sortie principale du bâtiment.

Vers 14h, comme de nombreux autres curieux, je me pointe devant la poste de la rue du Mont Blanc où les altermondialistes ont décidé de se rassembler. Il y a environ 700 ou 800 personnes rassemblées devant les marches en haut desquelles a été installé l’équipement de sonorisation pour les orateurs qui se succèdent au micro. Tout autour du périmètre, un impressionnant dispositif policier a pris place et des véhicules sont stationnés de part et d’autre de la rue. Si le rassemblement des manifestants semble toléré, l’attitude des forces de l’ordre montre clairement qu’ils ne laisseront aucun cortège s’ébranler en direction de Plainpalais.

Peu avant 15h, lorsque les discours se terminent, les organisateurs se résignent et demandent à la foule de se disperser, mais comme on pouvait s’y attendre celle-ci répond par des huées de mécontentement et personne ne bouge. Du côté de la police, on se prépare à l’affrontement: les hommes (et femmes) s’équipent de leurs casques et deux camions lance-eau se placent de part et d’autre de la place. De nombreuses minutes vont encore s’écouler pendant lesquelles ont commence à sentir monter la tension chez les manifestants… alors du côté du camion lance-eau où je me trouve, quelques clowns tentent de détendre l’atmosphère pour le plus grand plaisir des badauds.

Vers 15h25, les organisateurs tentent de démarrer un cortège en direction de la gare, soit à l’opposé de ce qui était prévu au départ. Le temps de transmettre les ordres par radio et les policiers se mettent en mouvement à leur tour pour aller donner un coup de main à leurs collègues qui se trouvent en haut de la place. L’ambiance est électrique et on sent qu’il va bientôt se passer quelque chose. Curieuse, je décide d’aller voir tout en gardant mes distances.

Je me trouve dans la rue de Berne, entre Chantepoulet et Mont Blanc lorsque je perçois les premiers cris dans la foule cent mètres plus loin. J’apprendrai en regardant les infos du soir que face au barrage des policiers, certains manifestants ont commencé à lancer des bouteilles et des pétards. Après quelques sommations, la riposte policière ne s’est pas fait attendre et c’est là que les première grenades lacrymogènes ont été lancées…

Le temps de faire une dernière image et j’estime qu’il est temps pour moi de quitter les lieux, ainsi que le font de nombreux autres badauds et altermondialistes venus manifester pacifiquement. Il est 15h30 et pendant les deux heures qui vont suivre, la police va affronter une petite centaine de personnes venues uniquement dans le but de se battre contre eux. A 18h, tout est fini est Genève retrouve son calme comme si rien ne s’était passé… cette fois il n’y aura eu ni vitrine cassée, ni blessé.

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