Un dimanche matin au bureau de vote

Dimanche 22 avril 2012, premier tour de l’élection présidentielle. Tandis que je prends mon petit déjeuner vers 7h, j’entends les trombes d’eau qui s’abattent sur le vélux juste au-dessus de ma tête et je me dit que c’est pas un temps pour aller voter. Heureusement ce n’est qu’une des nombreuses giboulées dont nous sommes gratifiés depuis quelques jours, et une heure plus tard, il y a des coins de ciel bleu et presque du soleil. Je sors donc pour  me rendre à pied au Centre Sportif de Sous Moulin dans lequel le Consulat de France a établi un bureau de vote pour les Français habitant de ce côté-ci du canton. J’ai de la chance car ça se trouve à un kilomètre de chez moi et en faisant cette balade matinale, j’ai une petite pensée pour tous les Français de l’étranger qui doivent souvent aller beaucoup plus loin pour pouvoir exprimer leur voix.

Affiche Centre de Vote

8h15 : J’arrive devant le centre. Clic, une petite photo pour immortaliser cet instant. A cette heure matinal il n’y a quasiment personne et le gymnase dans lequel le centre de vote s’est installé paraît immense. Il y a cinq ans, ça se passait dans une école primaire et l’ambiance était un peu plus intime.

A l’entrée se trouve une longue table avec un monsieur tout seul. Je m’avance vers lui et comme je suis bien élevée je lui dit bonjour et lui tends mon passeport. En fait ça ne l’intéresse pas du tout et il est juste là pour s’assurer que je sais vers quelle file me diriger (il y a en a 5 en tout). Etant donné que j’ai déjà reçu cette info par la poste et qu’en plus elle placardée à au moins 15’000 endroits différents depuis l’entrée du bâtiment, ça serait vraiment difficile de ne pas être au courant ! Je lui souhaite donc une bonne journée et me rends vers la table numéro 2 : CHAUSSE   à   GAUTIER-LE BERRE.

Devant moi il y a juste une personne et c’est tout. J’ai le malheur de faire un pas de trop et je me fait réprimander par la responsable de la table : « Reculez s’il vous plaît ! ». Ah bon… excusez-moi mais y’a pas de ligne jaune au sol qui indique où il faut s’arrêter. J’attends donc sagement mon tour et n’avance que lorsqu’on me fait signe que c’est bon.

Je tends mon passeport (encore). La femme le prend, jette un coup d’oeil distrait et dit « DAJA… » et commence à feuilleter les pages de son classeur en marmonnant « Ouh la la… ». Au bout de quelques secondes elle s’adresse à moi et dit « C’est votre nom ? C’est bien DAJA ? ».
- »Ben non, c’est DJA… et oui, c’est mon nom ». (Aux prochaines élections j’essayerai de m’inscrire sous un pseudo, juste pour rire.)

Là-dessus, son collègue revient à la table pour lui donner un coup de main. En s’y mettant à deux, ils finissent par trouver que mon nom figure à la page 64. Pendant les 10 secondes que dure l’opération, ils échangent quelques propos :
- « Ils arrivent tous en même temps ! » (Y’a un homme qui est arrivé derrière moi entre-temps).
- « Tu vas voir que c’est nous qui allons avoir le plus de boulot aujourd’hui. »
- « Reculez Monsieur s’il vous plaît ! » (Ca c’est pour le monsieur qui se trouve derrière moi).

Je n’ose pas imaginer comment ça va se passer un peu plus tard dans la journée lorsqu’il y aura plus de monde. Pour les encourager je leur dis « Il n’est que 8h15… c’est encore l’échauffement. » Ca ne les fait pas vraiment rire. La femme me tend une petite enveloppe bleue de vote, me dis que je dois prendre au moins deux bulletins sur la table à côté et me rend mon passeport sur lequel elle a collé un post-it avec un « 64″ écrit dessus. Elle m’indique ensuite que je dois aller dans un des deux isoloirs sur la gauche qui sont marqués « No. 2″ et non pas dans ceux sur la droite qui eux, sont réservés à la file numéro 3 (ce que la personne devant moi a tenté de faire, mais elle s’est fait rappeler à l’ordre). Comme ils sont tous vides en ce moment, je ne vois pas trop ce que ça change, mais vu qu’elle semble déjà assez énervée comme ça, je me dis que je ne vais pas en rajouter.

En sortant de l’isoloir, la dernière étape de ce parcours du combattant se compose d’une table à laquelle se trouvent trois personnes. La femme sur la droite me demande mon passeport. Elle regarde mon nom et fait : « Ouh la la ! » Comme ça commence sérieusement à me gaver, je lui réponds, « Ben oui, c’est comme ça… vous savez, j’ai pas choisi ! ».

Elle bafouille plus ou moins correctement mon nom suivi d’un « Page 64″ à l’attention de sa collègue qui occupe le côté gauche de la table. Ah, c’est donc à ça que servait le post-it dans mon passeport. Pendant ce temps, le monsieur qui se trouve entre elles et juste en face de moi essaie de détendre l’ambiance en me disant « Si je vous disais mon nom, vous trouveriez que le vôtre est simple à côté ». Mon regard se porte sur le badge qu’il abore sur la poitrine mais dessus c’est seulement inscrit « Président ». Donc je ne saurai pas comment il s’appelle, ni si son nom est vraiment plus compliqué que le mien… et à vrai dire, je m’en fous un peu.

Je glisse mon bulletin dans l’urne, le monsieur dit « a voté ». Le femme sur la gauche me demande de signer le registre. Elle ne semble pas avoir compris que ça serait plus pratique de le tourner complètement vers moi (mais bon c’est le début de la journée, on va lui laisser une petite chance) et donc je gribouille comme je peux une vague signature à côté de mon nom. Enfin, elle me rend mon passeport en me souhaitant une bonne journée. Il est 8h20…

 

4 Comments

  1. L’avantage que je tire à ne pas bien entendre dans la relation avec les représentants de l’autorité c’est que je n’hésite JAMAIS à ne pas comprendre les instructions verbales mal aimables \o/ ps) ma tête d’ahuri m’aide aussi beaucoup

  2. Merci pour les conseils. Pour le second tour je penserai à avoir une tête d’ahuri ! :)

  3. ben ça vaut son pesant de cacahuètes !!!

  4. Moi je le dis tout net, et je suis géographiquement bien placé pour le dire : VIVE LA MONARCHIE !

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