Balade de l’insolite au coeur de la Vieille Ville

Après une (trop) longue pause, je suis allée faire un tour en ville hier, armée de mon appareil photo. Comme je n’aime pas trop marcher sans but précis, j’avais décidé d’aller dénicher quelques une des petites curiosités parsemées à travers la Vielle Ville et que j’ai découvert en lisant le livre de Christian Vellas, Genève insolite et secrète. Cet ouvrage est un véritable trésor de toutes ces petites choses devant lesquelles on passe souvent sans même les remarquer, ou bien sans se douter de leur histoire. En voici donc quelques unes que je vous présente, comme d’habitude, à travers mes photos.

Hello Lénine !

Notre balade commence à la rue du Rhône, au pied de la Tour du Molard. Sur la façade Est de celle-ci se trouve un bas relief sur lequel on peut lire Genève Cité de Refuge. En dessous de l’inscription on peut y voir la République de Genève (le personnage avec les armoiries de la ville) tendant un bras protecteur vers un autre personnage allongé. En y regardant de plus près, on remarque qu’il s’agit de… Lénine !

Genève Cité de Refuge

La lecture de mon guide nous apprend que la Tour du Molard, qui date de 1591, fut restaurée au tout début du XXe siècle, époque pendant laquelle Lénine séjourna dans notre ville en tant qu’exilé politique. C’est même en Suisse qu’il commença à élaborer les bases de son parti révolutionnaire ! Quand au bas relief, c’est en 1920 qu’il fut ajouté à la Tour du Molard, au grand dam de certains genevois qui auraient préféré que l’on choisisse un autre personnage pour symboliser l’accueil des réfugiés.

Lenine

Rue du Perron

En fait il n’y a rien d’insolite sur cette photo, mais j’ai bien aimé cet immense arbre qui donne généreusement de l’ombre à ceux qui sont attablés à son pied. C’est un des premiers samedis où nous bénéficions d’un temps vraiment estival et toutes les terrasses de la ville semblent prises d’assaut. Celle du Café du Perron ne fait pas exception !

Rue du Perron

Le passage de Monetier

Quand on remonte la rue du Perron, on peut voir cette gravure sur la façade de l’immeuble situé au no. 19.  Le passage de Monetier est un cheminement long d’une centaine de mètres qui passe le long des anciens remparts de la ville.

Passage de Monetier

Il est maintenant fermé au public, sauf  lors des fêtes de commémoration de l’Escalade. A cette occasion, il est alors possible de parcourir ce passage étroit et d’en ressortir derrière la Taverne de la Madeleine où l’on peut déguster un vin chaud offert par la Compagnie 1602. Voici une photo que j’ai prise il y a quelques années lorsque j’avais visité ce passage.

Un étroit cheminement au pied des anciens remparts

Le dernier pot à feu

Pendant trois siècles (de 1500 à 1800 environ) les rues de Genève furent éclairées par un mélange à base de résine et de goudron enflammé que l’on plaçait dans des « pots à feu » pour illuminer certains points de la villes comme ce carrefour. Le coût de cet éclairage étant assez dissuasif, les pots à feu n’étant allumés qu’en cas de nécessité.

Pot à feu

Au début du XIXe siècle, les pots à feu furent progressivement démontés et remplacés par des lanternes plus perfectionnées à base d’huile qui ne fumait pas. Seul celui-ci est resté en place pour nous rappeler cette page de notre histoire. Il faut dire que ce pot à feu a éclairé les pas d’un illustre personnage de la cité puisque Jean Calvin passait par là chaque soir en quittant la cathédrale, pour se rendre chez lui !

La Maison Tavel a ses têtes

Tous les genevois connaissent bien la Maison Tavel, l’édifice privé le plus ancien de la ville puisqu’il date du XIIe siècle. Aujourd’hui il abrite un musée qui relate la vie à Genève depuis le Moyen Age et jusqu’au début du XXe siècle. Pas facile de photographier cette maison car la rue est étroite et le photographe dispose de peu de recul.

Maison Tavel

Un détail intrigue toujours les historiens : les têtes qui ornent la façade de la Maison Tavel. Personne ne sait exactement de qui il s’agit ! Les têtes d’origines se trouvent en fait à l’intérieur du musées, mais celle-ci sont de fidèles copies qui surveillent nuit et jour le va et vient des passants qui bien souvent ne se doutent même pas qu’on les regarde depuis là haut.

Les têtes de la Maison Tavel vous surveillent

Le banc de la rue de l’Hôtel de Ville

Ce touriste photographe ne se doute probablement pas que le banc sur lequel il s’est assis quelques instants était celui où les juges s’installaient autrefois pour prononcer les condamnations à mort !

Le banc de la rue de l’Hôtel de Ville

Caprice d’un sculpteur sur la cathédrale Saint Pierre

Si l’on se donne la peine de faire la tour de la cathédrale, on peut remarquer, sur la façade arrière et à environ 15 mètres du sol, ce visage tout rond qui dénote un peu avec l’austérité du bâtiment. Certains ont surnommé cette tête « Apollon » en s’appuyant sur la légende selon laquelle la cathédrale aurait été érigée sur le site d’un ancien temple romain dédié à ce dieu.  Mais il s’est avéré par la suite que cette tête provenait d’un chapeau de colonne du XIIe siècle qui avait tout simplement été intégrée dans la façade lors de l’érection de la tour Sud de la cathédrale.

Apollon ?

 

Et pendant que vous êtes dans les parages de la Cathédrale Saint Pierre, n’hésitez pas à entrer à l’intérieur pour découvrir la magnifique Chapelle des Macchabées.

Le Roi Gondebaud au Bourg-du-Four

Nichée sur une des façades de la Place du Bourg-de-Four, on peut apercevoir cette petite statue colorée du Roi Gondebaud. Il a l’air assez sympa assis comme ça en tenant son épeé, mais il faut savoir que Gondebaud n’a pas hésité à faire assassiner ses deux frères, histoire de régner sans partage. Si sa statue se trouve ici c’est probablement parce que ses deux nièces Chroma et Clotilde grandirent dans le château qui se dressait auparavant sur ces lieux. Plus tard, Clotilde fut choisie par Clovis, le roi des Francs, pour devenir son épouse. Et c’est grâce à son épouse que Clovis se convertit au Christianisme. Finalement c’est plutôt Clotilde qui devrait avoir sa statue ici, non ?

Le Roi Gondebaud

Tabazan, le dernier bourreau de la ville

La rue Tabazan est une petite ruelle sur la bordure Sud de la Vieille Ville. Elle porte le nom de la famille où l’on exerçait le métier de bourreau de père en fils. Au numéro 9, on peut voir cette enseigne qui nous rappelle que c’est ici que vécu François Tabazan (1534 – 1624),  qui fut le dernier bourreau de la ville. C’est à lui que revint la charge, au lendemain de la tentative de l’invasion de la ville par les troupes Savoyardes en 1602, de trancher les têtes de tous les prisonniers et des assaillants morts au combats avant d’exposer celles-ci sur des piquets pendant… deux mois !

Rue Tabazan

Expo en plein air devant le Palais de l’Athénée

Là il s’agit juste d’un clin d’oeil et en tant que photographe je n’ai pas pu m’empêcher de déclencher… on peut rêver, non ? ;)

Expo en plein air ?

On dirait le Sud

Au hasard de ma balade dans la Vieille Ville je suis tombée sur cette façade qui détonne des autres maisons par ces couleurs. On se croirait presque dans le Sud de la France ou de l’Italie, vous ne trouvez pas ?

Couleurs du Sud

La rue Chausse-Coq

Il faut vraiment être genevois pour connaître l’origine du nom de cette rue. En fait nous sommes dans l’ancien quartier chaud de la ville, où se trouvaient la rue des Belles Filles, l’impasse du Vieux Bordel et la rue Chausse Con. Toutes furent rebaptisées vers la fin du XIXe siècle (quel dommage !). La rue Chausse-Con devint la rue Chausse-Coq , faisant ainsi allusions aux jeunes libertins du Moyen Age (les « coqs ») qui étaient chaussés par les cordonniers du quartier.

Rue Chausse-Coq

Aujourd’hui il n’y plus aucune trace des lupanars qui occupaient les lieux, mais par contre j’y ai trouvé un coq coloré qui orne l’entrée de la maison de quartier.

Le coq de la Rue Chausse-Coq

L’escalier du Collège Calvin 

Ainsi se termine cette première petite balade de l’insolite. J’espère qu’il y en aura bientôt d’autres car il me reste encore beaucoup de choses à découvrir et à partager avec vous. Pour quitter la ville haute, je vous propose de revenir par le Collège Calvin et d’emprunter l’escalier qui permet de redescendre vers Rive où je vais sauter dans un bus pour rentrer chez moi.

L’escalier du Collège Calvin

Je ne l’avais jamais remarquer auparavant, mais les rampes de cet escalier sont une oeuvre d’art. Une plaque portant le nom de l’artiste de l’oeuvre se trouve tout en haut des marches… mais j’ai malheureusement oublié de photographier celle-ci. Promis, j’y retournerai bientôt pour ajouter l’information à cet article !

Si cet article vous a plu, soyez sympa et faites le moi savoir en laissant un petit commentaire…

Le tracé de cette balade ce trouve ici : http://soc.li/StaAEKJ


 

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