Dolomites – Campanile Basso (voie normale)

Retrouvez toutes les photos de cet article, ainsi que d’autres, dans ma galerie Flickr.


Mieux vaut tard que jamais… j’ai enfin trouvé le temps de m’occuper des photos de mes vacances 2011 dans les Dolomites. Je vais donc pouvoir vous raconter par l’image les belles escalades que nous avons faites lors de notre séjour de deux semaines dans ce merveilleux terrain de jeux.

Campanile Basso, premier objectif de notre séjour

Je commencerai par vous conter notre ascension du Campanile Basso, puisque ce fut le tout premier objectif de nos vacances. Partis la veille de Genève, nous sommes arrivés en début d’après-midi à Madonna di Campliglio, la célèbre station de ski qui se trouve au coeur des Dolomites de Brenta. Ayant, comme d’habitude, terminé ma semaine de travail sur les chapeaux de roues, j’espérais pouvoir entamer ce séjour d’escalade tout en douceur : nous avions donc prévu de prendre une première journée pour monter tranquillement au refuge et faire le Campanile Basso le jour suivant. Mais après un passage à l’office du tourisme pour consulter les prévisions météo, je dois vite déchanter : le beau temps est assuré pour le lendemain, mais ensuite c’est la pluie qui s’installe pour les deux jours suivants. Si nous voulons faire le Campanile Basso, il va donc falloir le faire dès demain, et en partant du bas. Pour un démarrage en douceur, c’est donc raté !

Notre confortable hôtel à Madonna di Campiglio

Retour à l’hôtel pour trier le matériel et préparer nos sacs et puis nous profitons au maximum du confort des lieux (c’est un hôtel ****) en faisant un petit tour au Wellness Center ou nous nous prélassons dans le jacuzzi et le sauna avant d’aller dîner. La cuisine est délicieuse, mais pas très copieuse (ils ne doivent pas trop avoir l’habitude des grimpeurs affamés) et je dois demander un rab de pommes de terres pour terminer ma viande !

Le parking à Vallesinella

On se rattrape le lendemain matin au petit déjeuner, avec un copieux buffet (la journée va être longue !) avant de prendre voiture pour parcourir les quelques kilomètres jusqu’au parking de Vallesinella. Il est 9h lorsque nous commençons la montée en direction du Refuge Brentei (on n’a pas pu partir plus tôt parce que le petit déjeuner n’était pas servi avant 8h à l’hôtel). Comme partout dans les Dolomites, tout est super bien balisé et on n’a donc aucun doute sur le sentier à emprunter.

Tous les sentiers sont bien balisés

Au bout de trois quarts d’heure, nous passons le Rifugio Casinei, niché dans la forêt. Nous continuons à monter et ne tardons pas à atteindre la limite des arbres. Plus haut, le sentier s’accroche à flanc de montagne, tandis que nous nous enfonçons plus profondément dans le Val Brenta. La vue est splendide, tant sur les sommets de l’Adamello que sur les premières tours dolimitiques qui commencent à se dévoiler au détour du sentier.

Sculpture au Rifugio Casinei

On continue dans la forêt

Début de la traversée vers Brentei

Vue sur les sommets de l’Adamello

L’impressionnant Crozzon di Brenta

Nous mettons un peu moins de deux heures pour arriver au Rifugio Brentei et nous nous octroyons une dizaine de minutes de pause à côté de la petite chapelle. Celle-ci est ornée de dizaines d’ex-votos en mémoire de ceux qui ont perdu la vie sur les sommets. Juste en face de nous, le Crozzon di Brenta se dresse, imposant. C’est dans cette austère face NO qu’en 1935 le célèbre Bruno Detassis a tracé la Via delle Guide, haute de 800 m (V+/TD) !

Rifugio Brentei et Crozzon di Brenta

La chapelle de Brentei

Ex-votos

Après notre pause, nous repartons en direction de la Bocca di Brenta que nous apercevons tout au fond du Val Brenta. Après une longue traversée, nous franchissons un petit nevé qui donne accès à une première série de gradins, équipés de câbles. Il y a beaucoup de groupes de randonneurs qui viennent faire la Via delle Bocchette, un magnifique parcours en via ferrata qui traverse tout le massif. Nous l’empruntons d’ailleurs sur sa toute première partie, pour gagner la Bocchetta del Campanile Basso, point de départ de notre voie.

Traversée de névé

Premier passage câblé au-dessus de Brentei

Départ de la via delle Bocchette

La Bocchetta del Campanile Basso

La vue depuis la Bocchetta del Campanile Basso (il y a des randonneurs sur la gauche)

Il est 13h lorsque Jean-Pierre attaque la première longueur de la voie… on n’est pas vraiment en avance sur l’horaire, mais heureusement la météo ne prévoit pas d’orages pour l’après-midi, donc ça devrait aller. Je me lance à mon tour dans les premiers pas d’escalade. Ce n’est pas difficile, mais je ressens la fatigue de la marche d’approche et je peine dans le passage un peu physique de la première cheminée. Au-dessus de nous se dresse la paroi Pooli, un des passages clés de la voie.

Au pied de la paroi Pooli

Dans la paroi Pooli

Nous grimpons dans les nuages

Au deuxième relais je suis obligée de marquer une pause pour avaler une pâte d’amandes, histoire de reprendre un peu des forces, et puis nous repartons. Nous croisons pas mal de cordées qui redescendent tandis que nous continuons à grimper. Par moments, Jean-Pierre hésite sur l’itinéraire. Il faut dire qu’il y a très peu de matériel en place (seuls les relais sont vraiment équipés) et comme ce n’est pas très difficile, on a l’impression que ça passe un peu partout et on a donc vite fait de se fourvoyer dans une impasse, ce que nous voulons éviter à tout prix vu qu’on n’a pas vraiment de marge pour l’horaire.

A mi-chemin nous croisons des cordées qui descendent

La traversée Stradone Provinciale

Après deux heures d’escalade, on finit par arriver sur l’immense vire, appelée Stradone Provinciale (Route Provinciale). Celle-ci permet de gagner l’autre versant du Campanile sur lequel se poursuit l’escalade. Il nous reste encore quatre longueurs et quelques passages techniques à franchir et à 16h15, nous voici au sommet.

La terrasse Albergo del Sole

Au sommet

Livre du sommet

On laisse un petit message

Vue sur le Campanile Alto, juste à côté

Nous ne restons que le temps de faire quelques photos et signer le livre d’or. Depuis quelques temps de gros nuages tournent autour des sommets et nous craignons d’être mouillés avant d’arriver en bas. La descente consiste en une série de longs rappels, dont certains sont bien surplombants. Avec la fatigue je contrôle plutôt deux fois qu’une que j’ai bien mis en place mon descendeur avant de me lancer dans le vide. Pas toujours facile de maîtriser son appréhension dans ces moments là…

Anneau de rappel

C’est parti pour de longs rappels

Ca plonge !

Hormis le premier rappel qui s’est coincé (mais qu’on a réussi à tirer en se pendant dessus), tout se passe bien, et nous regagnons le plancher des vaches à 18h. Nous sommes dans le brouillard et même s’il ne pleut pas, le temps est bien humide. Il nous reste à refaire à Via delle Bocchette en sens inverse et à redescendre toute la combe jusqu’au refuge Brentei.

On arrive au pied de la voie dans le brouillard

Retour vers Brentei

Arrivée à Brentei, après 11 heures d’effort

Nous franchissons la porte de celui-ci vers 19h45. La salle à manger est bondée, mais nous tentons tout de même notre chance auprès du gardien pour voir s’il reste de la place. Ne sachant pas ce que nous allions faire, nous n’avions pas réservé à l’avance. Gros coup de bol, il reste encore quelques places dans l’immense dortoir, tout en haut. Un quart d’heure plus tard nous voilà assis dans le réfectoire en bout d’une immense table où l’on nous sert des penne all’arrabiata, une omelette et un dessert, le tout arrosé de beaucoup d’eau (il faut se rehydrater) et un bon coup de rouge. Ca fait du bien de manger car le petit déjeuner de ce matin est bien loin… Pour terminer, des italiens nous offrent même une délicieuse grappa. Avec ça, on va bien dormir ! A 21h30, nous nous écroulons sur nos lits…

Le lendemain matin, il pleut!

Le lendemain matin, nous nous levons vers 7h. Comme prévu, il a plu dans la nuit et ce matin tout est gris et humide. Nous sommes vraiment contents d’avoir fait notre course hier sous le soleil. Après un bon petit déjeuner (encore un copieux buffet !), nous prenons le chemin de la descente. Jean-Pierre marche lentement car sa tendinite le fait souffrir, et puis il y a aussi la fatigue d’hier. Nous mettons presque autant de temps que pour monter la veille. Le temps est gris, mais il ne pleut pas et nous arrivons à la voiture sans avoir été saucés.

Photos : L’album photo de ce voyage sur Flickr

Les liens pour en savoir plus :


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